Positive Mai

Prête pour le changement

September 25, 2016
by Hoang-Mai
3 Comments

Exemple d’apprentissage autonome : la pêche

Souvent, la première question que les gens me posent lorsque je dis que mes enfants font l’école à la maison, c’est : “Et c’est toi qui leur enseigne?”.

C’est toujours déconcertant lorsque je leur réponds : “ils apprennent tout seul”. Nous avons été tellement formatés à apprendre dans le cadre de l’école, du collège puis du lycée que la possibilité d’apprendre par nous-même est une possibilité qui semble relever de l’utopie. Mais avec l’ère de l’internet, l’apprentissage autonome redevient naturel pour qui sait chercher.

Grâce aux contributions de millions d’individus, le savoir se diffuse et les réseaux se créent : la mise en relation entre quelqu’un qui veut transmettre et quelqu’un qui veut apprendre se fait beaucoup plus facilement.

Exemple avec la pêche. J’ai grandi à Grigny sans internet, face à des consoles de jeu et mes amis jouaient au basket. Personne dans mon entourage ne m’a jamais sensibilisé à la pêche et la seule fois où j’ai été intéressée par pêcher (en vacances en Espagne), j’ai vite été rebutée à l’idée de devoir enfiler l’appât le long du hameçon et de possiblement devoir attendre des heures avant qu’un poisson ne morde.

Bon, alors vous avez un enfant qui vous dit : “j’aimerais bien pêcher”. Et puis bon, il vous le répète plusieurs fois sur une durée suffisamment longue pour que vous lui montriez un jour comment chercher sur internet “comment fabriquer sa canne à pêche en bambou”. Ensuite, de fil en aiguille, vous découvrez où pêcher près de chez vous, qu’une canne à pêche télescopique “my first fish” de chez Decathlon ne coûte que 5€ (oui parce que trimbaler la canne de bambou de 5 mètres de long dans votre voiture ou à vélo, ça va être balaise), que la carte de pêche pour les enfants de moins de 12 ans coûte 5€, qu’on peut utiliser des vers de terre du jardin comme appât et que, grâce à internet, vous réussissez à rencontrer le garde de pêche qui va non seulement apprendre à votre enfant comment attacher le hameçon, comment utiliser un dégorgeoir pour ne pas perdre le hameçon et pouvoir relâcher le poisson, comment lancer son fil en toute sécurité, comment prendre soin de sa canne à pêche, et quels poissons relâcher ou tuer en fonction de l’état de la population aquatique des Ulis.

Bref, votre enfant est tout content de partir à vélo pêcher et de rester des heures au bord de l’eau, et puis en plus, il a eu un “cours” sur la biodiversité de l’environnement et les poissons et les règles de sécurité.

peche

Ma fille n’arrête pas de me répéter que la vie est belle. Les journées se suivent et ne se ressemblent pas. Tout d’un coup, le temps est devenu plus plein et plus palpable.

September 22, 2016
by Hoang-Mai
0 comments

Quand votre enfant suit ses centres d’intérêt

Un enfant qui est intéressé par quelque chose et qui a une bonne relation avec vous va vous en parler. Il va faire preuve de créativité et de force de persuasion pour atteindre ses buts.

C’est ainsi qu’un jour, ma fille aînée est allée à la Japan Expo (accompagnée par d’autres personnes que moi) et en est revenue avec un livre de cuisine japonaise. C’est également ainsi que récemment, dans le cadre des Rêveurs Lunaires, on lui a ouvert une ligne budget : “JAPON” pour qu’elle puisse réaliser ses rêves. C’est comme ça qu’elle nous a préparé les poissons chats pêchés par ses petites sœurs et cuisiné une spécialité japonaise absolument délicieuse. Elle a plein de projets qui foisonnent toujours en lien avec ses centres d’intérêts et ça fait plaisir à voir.

A côté de ça, il faut accepter qu’un poisson vivant se promène sur le carrelage de votre cuisine, il faut accepter que votre enfant manie une machette vietnamienne, il faut accepter de faire confiance et accompagner du mieux qu’on peut, même là où vous êtes complètement incompétent (et c’est là qu’internet et ses nombreux tutoriels entre en jeu). Si votre enfant “le sent bien”, et bien faites-lui confiance. Observez-le (ou cachez-vous les yeux, au choix) et soyez une présence bienveillante (ou trouvez-lui une présence bienveillante).

Finalement, lorsque votre enfant insiste quand il est plus jeune pour retourner une crêpe en la lançant en l’air et qu’elle retombe malencontreusement par terre ou qu’on essaie de faire les pizzaiolo après avoir regardé des vidéos sur Youtube et que la pâte à pizza se retrouve accidentellement par terre… ce n’est vraiment pas grave. En revanche, ce qu’on s’amuse alors!

Il faut accepter que pour apprendre, on doit faire des erreurs et que c’est un processus normal et naturel. Vous ne voulez juste pas terminer aux urgences et vous leur avez bien dit!!

poisson-chat

July 1, 2016
by Hoang-Mai
0 comments

Le début d’une nouvelle vie…

C’est le début d’une nouvelle vie.

motivation

Mes 4 enfants ont quitté le système scolaire classique et sont officiellement en école à la maison depuis 5 jours. Ils sont libres de bouger, de satisfaire leurs besoins vitaux, de vivre leur vie, de faire des bêtises, d’apprendre de leurs bêtises, de s’entendre penser, de ressentir leurs émotions, de se connaître… et moi je les observe.

J’avoue que ce soir, j’ai des papillons dans le ventre et un sourire attendri lorsque je les entends éclater de rire parce qu’ils s’inventent des jeux et s’amusent, tout simplement. Cela me rappelle des souvenirs d’enfance lorsque mon frère et moi inventions toujours des nouveaux jeux et mettions sans dessus-dessous le salon de mes parents. Ce sont les meilleurs souvenirs, ceux où on s’éclate, où on saute, on roule, on se jette à fond dans l’action. Le plaisir et la complicité sont au rendez-vous. On détourne tous les objets de la maison pour leur donner une nouvelle fonction et on s’amuse, toujours et encore. Et puis plus tard, quand on grandit, on prend l’habitude de résoudre des problèmes pour pouvoir faire ce qu’on veut. On fait preuve d’une grande créativité.

Mes deux dernières filles ont fait beaucoup d’ordinateur depuis quelques jours (jeux de stratégie en réseau mais aussi création de contenu et jeu de construction), mais aussi du dessin, de la musique en trio, du chant, de la couture, du jardinage, du sport (d’ailleurs mon mari n’en peut plus d’entendre ce ballon de basket qui rebondit dans la maison), de la cuisine. Elles ont interagi avec des animaux, d’autres enfants, ont gardé un enfant plus jeune pendant 2 heures, ont vu leur grand-mère et ont des discussions tout à fait sympathiques. Bref, en 5 jours d’école à la maison, j’ai l’impression que la vie est tellement plus riche et plus précieuse qu’avant!

Je ne regrette pas bien sûr d’être allée travailler avant pour gagner mon indépendance financière. Comme me dit ma voisine d’orchestre : “quand on travaille, on achète sa liberté”. Mais une fois qu’on l’a, alors là, c’est Byzance! Une fois qu’on n’a plus à se soucier de sa survie et de si j’aurai assez sur le compte en banque pour faire les courses pour nourrir ma famille, alors là, je vous le dit, c’est le début d’une nouvelle vie!

C’est le début d’une nouvelle vie où je me sens libre d’avoir à nouveau mes propres buts et d’aller dans une direction que je me trace. Hors des sentiers battus ou pas, peu importe à vrai dire. C’est le début d’une nouvelle vie où je suis congruente entre ce que je pense, ce que j’aime et ce que je fais.

“Si ce que je veux est quelque chose que je n’ai jamais eu, alors je dois faire quelque chose que je n’ai jamais fait.” C’est bien le cas pour l’école différente que je veux créer. Nous sommes un groupe de parents en “Alliance Master mind”, c’est-à-dire le terme utilisé par ma formation MKMMA pour dire qu’on se met volontairement à plusieurs cerveaux pour atteindre un objectif partagé. Cette démarche est enrichissante et nouvelle pour des personnes ayant traversé le circuit classique de “l’éducation nationale”. En effet, à l’école à notre époque, on apprenait ni à coopérer, ni à co-créer, ni à donner au voisin les résultats de nos trouvailles pour qu’il puisse les utiliser et les enrichir. A l’école de nos jours, le modèle est censé évoluer, en surface du moins. Quand on regarde de loin la réforme du collège, on parle de coopération et d’esprit d’entreprise, de créativité, de responsabilité et d’engagement (cf. p.217 du BO sur le socle des cycles 2, 3 et 4), mais quand on regarde de près (cf. les 150 pages suivantes), on ne voit pas bien comment les enseignants vont réussir à faire le lien entre les beaux principes affichés en surface et les directives précises du programme affichées en-dessous. A lire le pavé du programme officiel du socle commun, je suis dubitative. Et je suis clairement contre le décret qui impose une progression des élèves instruits en famille et en écoles hors contrat sur la même cadence et sur les mêmes points précis de ce socle commun. Ce système me paraît voué à l’échec, et vouloir l’imposer à tous devrait nous engager à la désobéissance civique de Gandhi!

 

June 2, 2016
by Hoang-Mai
0 comments

Le burn-out, la nouvelle maladie contagieuse

Je viens de recevoir un email d’une chef de projet partant en burn-out. Je lutte pour que mon mari ne sombre pas comme je l’ai fait en janvier 2015 au moment des attentats de Charlie Hebdo dans l’épuisement nerveux et physique. Le burn-out serait-il la nouvelle maladie contagieuse?

Nos modes d’organisation nous mettent de plus en plus en mode “gestion de projet”, et lorsqu’on est pris sur plusieurs projets en même temps, c’est à la fois passionnant mais épuisant. A vivre 99 vies, on n’en vit aucune. C’est bien le danger qui nous guette, nous, génération X-Y-Z. Danger contre lequel j’essayais de mettre en garde ma fille aînée lors d’une discussion au petit-déjeuner ce matin.

Je lui ai suggéré, selon le modèle MKMMA, d’écrire (avec des jolies phrases positives, au présent et pleines de sentiments positifs) ses objectifs et de se limiter à 400 mots. “Si ça ne rentre pas dans les 400 mots, tu mets en attente et tu te concentres sur ce qui rentre dans les premiers 400 mots.”

Et oui, car en ce qui me concerne, je n’ai réalisé “que” 3 choses de ma liste en 9 mois. C’est le marathon et non pas un sprint. Les objectifs demandent une énergie conséquente tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes de la journée. Et comme on nous a fait remarquer lors de ma formation MKMMA, il n’y a que 86400 secondes dans la journée, alors réfléchis bien à comment tu veux les utiliser.

Tout ce que tu auras réfléchi AVANT, c’est du temps de gagné pour après. Ô combien je suis d’accord aujourd’hui avec cette phrase que Mark (celui qui a lancé la formation MKMMA et qui habite Kauai) lance avant le début de la formation. Et oui, lorsque j’avais lu “Les décisions absurdes II” de Christian Morel, j’étais proche de l’épuisement, et mon cerveau a pris une grande claque à l’ouverture du livre quand sur la première page , j’ai lu la citation de Leonard de Vinci : “Qui réfléchit peu se trompe beaucoup”.

Apprendre à se poser, prendre des pauses et se poser les bonnes questions, c’est ce qu’il faudrait faire pour éviter le burn-out. Le remède contre cette maladie est là, juste là. Le chemin de la moindre résistance à notre moi intérieur. “The path of the least resistance to our inner self”.

 

May 8, 2016
by Hoang-Mai
0 comments

Avoir des relations saines

Je me suis fait plusieurs remarques ces derniers temps.

Lorsque je dis que je vais faire l’école à la maison l’an prochain, beaucoup de personnes me demandent si je n’ai pas peur de la désocialisation de mes filles. La réponse est non.

Voici la définition de désocialisation trouvée sur le site Larousse : la désocialisation est un processus menant quelqu’un, une catégorie de personnes à ne plus pouvoir participer à la vie sociale, par mise à l’écart prolongée du système productif, impréparation personnelle ou civique, solitude.

Il m’apparaît assez clairement que le collège tel qu’il est aujourd’hui ne permet pas forcément de se préparer personnellement ou civiquement et n’évite pas la solitude. Il nous met également à l’écart du système productif puisque scotché sur une chaise à ingurgiter des connaissances dispensées en cours magistral qu’on vous demande d’étaler sur copie plus tard sans réflexion de fond ni expérimentation. Cela ne me paraît pas être très productif de quelque chose ni très efficace pour pouvoir participer à une vie intéressante et épanouissante.

Je viens de regarder les résultats PISA 2016 et dans les recommandations de l’OCDE pour réduire la prévalence de la faible performance, nous trouvons : renforcer la motivation, donner aux établissements davantage de liberté, impliquer les parents. Avec une petite phrase que j’aime beaucoup : “Les enseignants dont le moral est très bon, qui soutiennent l’ensemble de leurs élèves et nourrissent des attentes élevées à leur égard, sont les plus à même d’aider les élèves peu performants”. Mais à la fois, quand je parle avec tous mes amis enseignants, je vois bien qu’il y a de quoi partir en dépression ou en “amotivation” avec l’usine à gaz qu’est l’éducation nationale aujourd’hui. Qui a creusé les causes qui font qu’il y a des enseignants dont le moral est bon et d’autres non?

Un article de 2013 citait des causes allant du manque d’autorité en classe à l’absence de reconnaissance, en passant par les tensions parents-professeurs, l’accumulation des tâches, les affectations non désirées, le manque de formation, le sentiment d’isolement, la mauvaise gestion des ressources humaines… et dans les commentaires je trouve “le plus dur, c’était les collègues…”. Comme dans beaucoup de situation, “l’enfer c’est les autres”. Mais je ne l’accepte plus aujourd’hui.

Pour moi, il y a un chantier énorme. Pour éviter bien des déboires, il faudrait commencer par concentrer son énergie sur comment avoir des relations saines avec soi-même et avec autrui.

Et ça s’apprend. Vive la psychologie positive.

Je pense que mon niveau d’exigence dans ce domaine est élevé. Je suis moteur aujourd’hui pour créer cet environnement autour de moi, bien épaulée!

etre_moteur